Al-Fajr


 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Obama veut refourguer les detenus Guatanamo aux Europeens

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Fajrine
Admin
Admin


Féminin Nombre de messages : 2270
Age : 6
Localisation : Devant votre ecran
Date d'inscription : 16/12/2005

MessageSujet: Obama veut refourguer les detenus Guatanamo aux Europeens   Ven 19 Déc - 11:55:21

Obama compte sur les Européens pour accueillir les détenus de Guantanamo
Par Patrick Sabatier

Le président élu Barack Obama a réaffirmé qu'il tiendra sa promesse d'en finir avec Guantanamo qui est devenue le symbole d'une Amérique hors-la-loi. EMMANUEL DUNAND/AFP

Imprimez Réagissez Classez Cliquez ici pour retrouver notre dossier spécial sur l'actualité américaine

Les militants des droits de l'homme espéraient que le premier acte du président Obama, en entrant le 20 janvier dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, serait d'annoncer la date de la fermeture de Guantanamo. Il n'en sera rien. Le futur président réaffirme cette semaine dans le magazine Time (qui vient de le désigner sans surprise comme "homme de l'année") qu'il tiendra sa promesse d'en finir avec la prison qui est devenue le symbole d'une Amérique hors-la-loi. Mais, prévient-il, il le fera "de manière responsable", et cela prendra du temps. On ne pourra le juger, a-t-il insisté, qu'en 2010, à la moitié de son mandat, sur ce point comme sur d'autres tels l'abandon de l'usage de la torture et "le rééquilibrage entre les exigences de [leur] sécurité et celles de [leur] Constitution".

C'est que la fermeture de ce camp de détention ouvert par le président Bush sur la base militaire que l'armée américaine maintient à Cuba pour y détenir les suspects de terrorisme et de liens avec al-Qaeda pose des problèmes épineux à la fois juridiques, politiques, mais aussi diplomatiques. "Gitmo" (sobriquet de Guantanamo) sera même un des premiers dossiers délicats dans les relations entre l'Europe et Obama, révèle un diplomate européen. Avant même d'entrer en fonction, l'équipe du futur président a fait passer le message aux Européens qu'il leur mettrait un marché en main. S'ils veulent devenir ses amis et partenaires, il leur faudra commencer par lui donner un coup de main pour sortir l'épine Gitmo du pied américain.

La future administration, confirme le Washington Post , "espère que les pays européens et les États du Golfe seront plus ouverts que par le passé à accueillir d'ex-détenus" de Guantanamo, idée promue avec vigueur par les organisations de défense des droits de l'homme comme Human Rights Watch. Les Européens, qui ne se sont pas gênés pour dire publiquement tout le mal qu'ils pensent de l'état de non-droit que Bush a instauré en ouvrant "Gitmo", vont être invités à mettre leurs actes en accord avec leurs discours. Perspective qui ne les enchante pas vraiment. De passage à Washington en fin de semaine dernière, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie n'a pas dissimulé sa réticence à ce que la France voit débarquer sur son sol des islamistes militants soupçonnés de terrorisme...

La moitié des détenus de Guantanamo sont originaires du Yémen

Mais la pression va monter à coup sûr après le 20 janvier. Le 11 décembre, à l'occasion de l'anniversaire de la Déclaration des droits de l'homme, le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, a lancé un ballon d'essai dans une lettre à ses collègues de l'Union européenne. Il y suggère que l'UE "donne un signal clair que nous sommes prêts à aider le gouvernement des États-Unis à résoudre ce problème, en acceptant de recevoir des détenus", idée aussitôt applaudie par un porte-parole du département d'État américain, qui y a vu "un geste très significatif".

C'est aussi une manière de souligner la complexité du problème, car il faudra d'abord mettre d'accord tous les États signataires de l'accord de Schengen, puisque les ex-détenus de "Gitmo", invités chez l'un d'eux, pourront se rendre librement chez les autres... Une idée en discussion chez les Européens pour ne pas se retrouver avec la patate chaude serait de proposer une aide au Yémen pour que ce pays accepte de se charger de la "réinsertion" des anciens de Guantanamo. Près de la moitié des détenus (une centaine) sont en effet originaires du Yémen, ce qui donne une certaine logique à l'idée de faire de ce pays du Golfe la terre d'asile de prisonniers qui seraient libérés et aussitôt déportés.

Car Barack Obama ne veut pas davantage voir que ses alliés sur le sol des États-Unis des islamistes dont nul ne peut être vraiment certain qu'ils n'ont pas des sympathies pour le djihad. Plusieurs centaines de personnes, considérées comme des "ennemis combattants", ont été détenues à Guantanamo sans avoir jamais été inculpées du moindre crime, ni même informées de ce qui leur était reproché, et sans avoir le moindre recours juridique contre leur détention. Sur les 250 prisonniers qui se trouvent encore dans le camp, à peine 18 ont été inculpés. Cinq (dont celui qui a revendiqué les attentats du 11 septembre, Khalid Sheikh Mohamed) ont commencé à comparaître devant les commissions militaires spéciales établies en 2006 par le Congrès, mais leur procès risque de s'éterniser, et ne sera certainement pas terminé quand Obama arrivera au pouvoir.

"Personne n'a de réponse à la question : que faire des détenus ?"

Les autorités américaines avouent qu'elles ne peuvent pas accuser d'un crime ou d'un délit plus de 80 des 250 prisonniers qu'elles gardent. Les "preuves" contre ceux-ci sont en effet souvent des aveux arrachés sous la torture (non recevables dans un tribunal américain), ou des informations que les services secrets refusent de communiquer aux juges et avocats, en invoquant le secret défense. 50 à 60 des détenus ont été carrément innocentés, et ils devraient être logiquement libérés. C'est ce qui s'est passé le 16 décembre, quand trois Bosniaques d'origine algérienne, arrêtés par les forces américaines en 2002 sous le soupçon d'avoir préparé un attentat, ont été discrètement renvoyés à Sarajevo, où ils ont retrouvé leur famille après 6 années derrière les barreaux de "Gitmo". En juin, la Cour suprême des États-Unis avait jugé inconstitutionnel le refus de laisser ces prisonniers demander leur liberté devant un juge en application du principe fondamental du droit anglo-saxon, l'habeas corpus . En octobre, un juge fédéral de Washington, saisi de leur cas, a ordonné leur libération immédiate et Bush a dû s'exécuter.

Tout au long de la campagne présidentielle, Barack Obama, tout comme son adversaire républicain John McCain d'ailleurs, avait juré de fermer "Gitmo", préalable à un redressement de l'image internationale des États-Unis comme État de droit et soucieux des droits de l'homme. Il va réexaminer dès son entrée en fonction tous les cas en suspens, afin de déterminer quels détenus pourraient être déférés devant des tribunaux fédéraux, lesquels sont passibles de tribunaux militaires, et lesquels devraient être remis en liberté. Mais même relâcher des détenus contre lesquels il n'existe pas de preuves ne s'avère pas si simple. Il est impossible de les renvoyer dans les pays dont ils sont ressortissants, car ils ont toutes chances d'y être emprisonnés, torturés, voire exécutés. C'est le cas par exemple de militants islamistes ouïghours, qui se battent contre la Chine pour l'indépendance du Xinjiang, mais aussi d'islamistes originaires d'Algérie, de Syrie et autres pays arabes. Obama a vite pu vérifier qu'il lui était bien plus facile de dire qu'il le lui sera d'agir.

C'est ce qui a permis au vice-président Dick Cheney, architecte de la "guerre au terrorisme" et avocat de l'usage de la torture contre les militants d'al-Qaeda de prédire avec cynisme, dans une interview à la chaîne ABC le 15 décembre, que Guantanamo "devra rester en place jusqu'à la fin de la guerre contre le terrorisme", car "personne n'a de réponse à la question : que faire des détenus ?".

http://www.lepoint.fr/presidentielle-americaine/obama-compte-sur-les-europeens-pour-accueillir-les-detenus-de/1781/0/300655

_________________
xx
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://al-fajr.fr-bb.com
 
Obama veut refourguer les detenus Guatanamo aux Europeens
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Comment informer nos proches et la population au sujet des Ovnis?
» Propagande - De l'Etat islamique à la lessive Dash
» Obama ne veut plus décrocher la Lune
» bebe se 11 mois qui ne veut pas dormir
» Saint Luc et commentaire du jour "Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Al-Fajr :: Espace Culturel :: News - International-
Sauter vers: