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 La Religion et l'Etat

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Fajrine
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MessageSujet: La Religion et l'Etat   Mer 16 Fév - 14:18:54

Salam 1

Fiqh - Jurisprudence
La Religion et l’Etat (ibn Tayyimya rahimAllah) Extrait

Muslim rapporte dans son Sahih d’après 'Ali (radi Allahou 'anhou), le hadith suivant: «Allah a maudit les innovateurs et ceux qui donnent asile à un innovateur ».

Quiconque donne asile à un innovateur doit être lui-même considéré comme tel, et devient l’objet de la malédiction d'Allah et de Son Prophète .
Une des formes les plus graves de corruption dont des fonctionnaires puissent se rendre coupables, consiste donc à donner protection à des malfaiteurs,

La Religion et l'Etat

C’est donc un devoir que de considérer l’exercice du pouvoir comme une des formes de la religion, comme l’un des actes par lesquels l’homme se rapproche d’Allah. Se rapprocher d’Allah, en l’exerçant, en obéissant à Allah et à Son Prophète (saluts et bénédictions d’Allah sur lui), constitue l’une des for­mes les plus élevées du culte.

Mais, malheureusement, beaucoup d’hommes s’y corrompent, parce qu’ils n’y recherchent que des satis­factions de pouvoir ou d’argent. Ka'b Ibn Malik (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte que le Prophète (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) a dit: « Deux loups affamés, lâchés an milieu d’un parc à moutons, y commettent moins de dégâts que n’en commettent, dans la religion la cupidité matérielle de l’homme et son amour des honneurs. » Tirmidî juge cette tradition belle et authentique. Le Prophète (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) a donc montré que la cupidité de l’homme et son amour du pouvoir sont au moins aussi désastreux, pour la religion, que deux loups affamés lâchés dans un parc à moutons. De ceux qui « tiendront leur Livre de la main gauche », Allah l’Exalté a dit qu’ils diront: « Ma fortune ne m’a servi de rien et mon autorité s’est évanouie. » ( Sourate 69, verset 28-29).

Le but de ceux qui convoitent le pouvoir est de devenir semblables à Pharaon ; le but de ceux qui veu­lent amasser des biens est de ressembler à Qarun. Allah l’Exalté, dans Son Livre, a ainsi décrit l’état de Pharaon et de Qarun: «Ne parcourent-ils pas la terre, pour voir ce qu'il est advenu de ceux qui ont vécu avant eux? Ils étaient [pourtant] plus forts qu'eux et ont laissé sur terre bien plus de vestiges. Allah les saisit pour leur péchés et ils n'eurent point de protecteur contre Allah.» (Sourate 40, verset 21) - «Cette Demeure dernière, Nous la réservons à ceux qui ne recherchent, ni à s'élever sur terre, ni à y semer ma corruption. Cependant, l'heureuse fin appartient aux pieux. » (Sourate 28, verset 83).

On peut, en effet, répartir les hommes en quatre grandes catégories. Les uns cherchent à dominer et à mettre du désordre sur cette terre; c’est là une révolte contre Allah. Tels sont les rois et les princes malfaisants, comme Pharaon et son clan; ce sont les créatu­res les plus mauvaises. Allah l’Exalté a dit: «Pharaon était hautain sur terre; il répartit en clans ses habitants, afin d'abuser de la faiblesse de l'un d'eux: Il égorgeait leurs fils et laissait vivantes leurs femmes. Il était vraiment parmi les fauteurs de désordre. » (Sourate 28, 3).

Muslim rapporte, dans son Sahih d’après Ibn Mass'oud, que le Prophète (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) a dit: « Personne n’entrera au paradis, qui ait dans le coeur un atome d’orgueil; personne n’entrera en enfer, qui ait dans le coeur un atome de foi. »

Un homme dit au Prophète (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) : « O Prophète d’Allah, j’aime avoir de beaux vêtements, de belles chaussures; est-ce là de l’orgueil? — Non, répondit le Prophète (saluts et bénédictions d’Allah sur lui). Allah est beau et il aime la beauté. L’orgueil, c’est de mépriser la vérité et de regarder de haut les hommes. »Mépriser la vérité, c’est la repousser et la nier; regar­der de haut les hommes, c’est les dédaigner et les mépriser. Voilà l’état de ceux qui cherchent la domi­nation et le désordre.

La deuxième catégorie est celle des hommes qui font le mal, mais qui ne cherchent pas à dominer les autres, comme les voleurs et les malfaiteurs de la plus basse classe.

La troisième catégorie est celle de ceux qui cherchent à dominer leurs semblables, mais sans faire le mal, comme ceux qui ont de la religion et veulent l’utiliser pour dominer.

La quatrième catégorie, enfin, est celle de ceux qui entreront au paradis, qui ne veulent ni domi­ner ni faire le mal, bien qu’ils soient souvent supé­rieurs à leurs semblables. Allah l’Exalté a dit: «Ne vous laissez pas battre, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants.» (Sourate3, verset 139) - «Ne faiblissez donc pas et n'appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts, qu'Allah et avec vous, et qu'Il ne vous frustrera jamais [du mérite] de vos oeuvres. »(Sourate 47, verset 35). Allah à Lui la puissance et la gloire a dit encore: «Or c'est à Allah qu'est la puissance ainsi qu'à Son messager et aux croyants.» (Sourate 63, verset 8).

Que de gens cherchent à s’élever au-dessus de leurs semblables, mais ne réussissent qu’à accroître leur propre bassesse! Combien d’autres, par contre, ont été élevés, qui ne cherchaient ni à dominer, ni à faire le mal! Vouloir dominer les autres est une injustice, car tous les hommes sont d’une même espèce. Un homme qui cherche à s’élever au-dessus de ses semblables commet une injustice. Il s’attire, d’autre part, la haine d’autrui; les hommes n’aiment pas de semblables personnages et nourrissent à leur égard une vive hostilité; l’homme juste répugne, en effet, à se sentir sous la domination d’un tyran, et l’homme injuste préfère être lui-même ce tyran.

D’un autre côté, cependant, la raison et la religion exigent qu’une hiérarchie existe entre les hommes, ainsi que nous l’avons dit; le corps ne peut vivre sans la tête. Allah l’Exalté a dit: «C'est Lui qui a fait de vous les successeurs sur terre et qui vous a élevés, en rangs, les uns au-dessus des autres, afin de vous éprouver en ce qu'Il vous a donné.» (Sourate 6, verset 165).

Allah à Lui la puissance et la gloire a dit également: «C'est Nous qui avons réparti entre eux leur subsistance dans la vie présente et qui les avons élevés en grades les uns sur les autres, afin que les uns prennent les autres à leur service.» (Sourate 43, verset 32).

La loi impose donc de mettre le pouvoir et la fortune au service d’Allah. Lorsque le but assigné à la fortune et au pouvoir est de se rapprocher d’Allah, de faire respecter sa religion, lorsque la fortune et le pouvoir sont uniquement utilisés dans ce but, une parfaite prospérité règne aussi bien dans le domaine spirituel que temporel. Mais, lorsque le pouvoir se sépare de la religion, ou lorsque la religion se sépare du pouvoir, le désordre se met dans l’Etat.

Les fidèles qui obéissent à Allah se distinguent de ceux qui lui désobéissent à la fois par leur intention et leurs actions vertueuses. Dans les deux Sahih le Prophète (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) a dit: « Allah ne regarde pas vos visages, ni vos richesses. Il ne regarde que vos coeurs et vos actes. »

Mais un grand nombre des hommes qui détiennent le pouvoir ont été gagnés par la cupidité et l’amour des honneurs; ils vivent en dehors de la véritable foi et de la parfaite religion. Il en est de même qui méprisent la religion et se dispensent de se conformer aux prescriptions qui seules permettent de la faire respecter. D’au­tres cependant jugent utile de se servir de la religion: ils la mettent extérieurement en pratique pour mieux s’éloigner d’elle, car ils considèrent que la religion s’oppose à leurs ambitions; la religion n’est, à leurs yeux, qu’un objet de pitié et d’avilissement, sans gran­deur et sans puissance.

Les deux autres religions scripturaires ont été affaiblies par leur inaptitude à se parachever, ou par la crainte qu’éprouvaient leurs adeptes à affronter les épreuves nécessaires; elles apparurent alors sans force et sans grandeur aux hommes, qui comprirent qu’elles étaient impuissantes à assurer leur propre bonheur et celui d’autrui. Ces deux fausses voies sont: celle d’hommes qui ont adopté une religion sans la parfaire par tout ce qui est nécessaire à sa propre existence: pouvoir, jihad, ressources matérielles — ou celle d’hommes qui ont recherché le pouvoir, la fortune ou la guerre, sans se donner pour but de faire triompher la religion. Ces deux voies sont: celle de ceux qui ont encouru la colère divine, et celle de ceux qui se sont éga­rés. L’une est celle des Chrétiens qui errent dans l’er­reur; l’autre celle des Juifs, objet de la colère divine.

La voie droite est uniquement celle des Prophètes, des saints (siddiq), des martyrs et des pieux; c’est la voie de notre Prophète Muhammad (saluts et bénédictions d’Allah sur lui), de ses califes, de ses Compagnons, de ceux qui ont suivi leurs traces, des précurseurs qui nous ont montré la route: les Muhajir, les Ansar et les fidèles de la deuxième géné­ration. Allah l’Exalté leur réserve des jardins où coulent des eaux vives et où ils séjourneront éternellement. Voilà le triomphe suprême.

Le devoir qui s’impose donc à tout Musulman est de faire tous ses efforts pour suivre cette voie dans toute la mesure du possible. Quiconque est investi d’une fonction publique et cherche, en l’exerçant, à obéir à Allah, à faire respecter la religion et à servir les intérêts des Musulmans, dans la limite de ses forces, à faire observer de son mieux les interdictions, ne saurait être blâmé quand l’échec est dû à son impuissance, car il vaut beaucoup mieux, dans l’intérêt de la communauté que le pouvoir soit confié à des hommes pieux, plutôt qu’à des impies.

Le fidèle qui ne peut faire triompher la religion par l’exercice du pouvoir, ou par la guerre, mais qui s’efforce d’y travailler en prodiguant les bons conseils (nasiha) qu’Allah lui inspire, qui adresse ses prières à Allah pour le salut de la communauté, qui aime son prochain et fait tout le bien à sa portée, n’est pas tenu de s’acquitter de devoirs qui lui sont impossibles. Les fondements de la religion, comme Allah à Lui la puissance et la gloire l’a dit sont le Livre qui guide et la tradition qui aide. Chacun doit donc travailler de son mieux pour préparer le triom­phe du Livre et de la tradition, pour Allah et avec l’aide d’Allah.

Le temporel, enfin, est au service du spirituel, ainsi que Mu'ad Ibn Jabal (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit: « O fils d’Adam, tu as besoin de ta part de ce monde, mais tu as encore plus besoin de ta part de l’autre monde. Si tu commences par ta part de l’autre monde, elle t’apportera ta part de ce monde. Si tu commences par ta part de ce monde, elle te fera perdre celle de l’autre monde, car ce monde est pour toi un danger. »

La preuve de cette prescription est donnée par le hadith que rapporte Tirmidî: « A celui qui, au réveil, se préoccupe de l’autre monde, Allah inspirera une conduite droite; il mettra la richesse dans son coeur, et ce bas monde viendra se mettre à ses pieds. Celui qui, le matin, songe à ce monde, verra ses biens dispersés par Allah ; il aura, sous les yeux, le spectre de la pau­vreté, et il ne pourra retirer de ce monde plus que la part que Allah lui assigne. »

La raison de ces prescriptions tient dans cette parole d’Allah l’Exalté « Je n’ai créé les génies et les hommes que pour qu’ils M’adorent ; Je ne cherche pas d'eux une subsistance; et Je ne veux pas qu'ils me nourrissent. En vérité, c'est Allah qui est le Grand Pourvoyeur, Le Détenteur de la force, l'Inébranlable.» (Sourate 51, verset 56 à 58)

Nous demandons à Allah le Tout-puissant de nous aider, ainsi que nos frères et tous les Musulmans, à sui­vre, dans nos actes et dans nos paroles, la conduite qu’Il aime et qui Lui agrée. Il n’y a de force et de puis­sance qu’en Allah. Louange à Allah, souverain de l’Uni­vers. Que la bénédiction et le salut d’Allah soient sur Muhammad, sa famille et ses Compagnons, jusqu’au jour de la résurrection.


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