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 Les Palestiniens divisés entre le Hamas et le Farah

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Fajrine
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MessageSujet: Les Palestiniens divisés entre le Hamas et le Farah   Ven 27 Jan - 23:07:10

Salam 1

Les Palestiniens divisés entre le Hamas et le Fatah

Patrick Saint-Paul
[Le Figaro 23 janvier 2006]
http://www.lefigaro.fr/cgi/edition/genimprime?cle=20060123.FIG0088

LE PLUS ILLUSTRE des frères Rajoub fait campagne à bord de son gros 4 X 4 blindé, entouré de ses gardes du corps du Fatah. Son cadet sillonne la circonscription à bord de sa modeste guimbarde japonaise avec pour seule escorte une nuée de drapeaux verts du Hamas et le Coran. A Hébron, le combat politique, pour les élections législatives palestiniennes de mercredi, illustre la profondeur de la déchirure idéologique, qui divise les Palestiniens. Le Fatah de Yasser Arafat et de Mahmoud Abbas, le principal parti politique palestinien depuis la création de l'Autorité palestinienne en 1994, risque de voir sa toute-puissance remise en cause par les islamistes radicaux du Hamas.

C'est un combat entre frères. Une lutte entre laïcs et croyants. Usé par douze ans de pouvoir quasi absolu, miné par la corruption, affaibli par cinq ans d'Intifada, le Fatah est en perte de vitesse. Le Hamas au contraire est en pleine ascension. L'Europe et les Etats-Unis considèrent ce mouvement, qui a revendiqué de nombreux attentats suicides en Israël, comme une organisation terroriste. Les Palestiniens, eux, le voient comme un mouvement de résistance à l'occupation israélienne. Ils lui attribuent en grande partie le retrait israélien de la bande de Gaza. Et ils jugent le Hamas, qui s'est forgé une image de probité à travers la bonne gestion de son réseau d'associations caritatives, comme un mouvement honnête.

«Bon soldat du Fatah»

Figure de la première intifada, Djibril Rajoub, 52 ans, comptait parmi les plus fidèles lieutenants de Yasser Arafat, qu'il avait rejoint dans son exil tunisien dans les années 1980. Après son retour dans les Territoires palestiniens, le raïs avait fait de lui le très puissant et craint responsable de la sécurité en Cisjordanie, où il a aussi amassé fortune dans les affaires. Avant de le marginaliser parce que son influence lui faisait de l'ombre. Les deux hommes s'étaient réconciliés quelques semaines avant la mort d'Arafat.

Engoncé dans ses costumes satinés à rayures, la démarche assurée, Djibril Rajoub se définit comme un «bon soldat du Fatah». Il milite aussi pour un «lifting» du parti et davantage de «responsabilité» et exerce son droit d'inventaire sur l'ère Abou Ammar. «Arafat avait construit un régime patriarcal auquel nous nous étions soumis volontairement, dit-il. Depuis sa disparition, il y a un vrai problème au Fatah.» Il se démarque aussi de l'actuel chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en défendant la légitimité de la résistance. «Je suis contre les tirs de roquettes, mais c'est notre droit de résister, de réagir et de confronter l'occupation», ajoute-t-il.

Son frère, Nayef, 45 ans, barbe touffue, promet du concret : des routes, de meilleures écoles, des cliniques. Enseignant les études religieuses à l'université d'Hébron, Nayef s'est rapproché des Frères musulmans, qui ont fourni le vernis idéologique du Hamas, durant ses études en Jordanie. Avant de rejoindre le mouvement islamiste palestinien lors de sa fondation dans la seconde moitié des années 1980, ce qui lui a valu un séjour dans les prisons israéliennes et une déportation au Liban. Il milite pour la vertu en politique et dénonce la corruption, qui gangrène l'Autorité palestinienne.

Mais il prend soin de ne jamais attaquer personnellement son frère. «Nous combattons les idées, pas les hommes», affirme-t-il. Deux autres frères Rajoub ont rejoint la campagne de Nayef. «La famille est coupée en deux : la moitié vote pour le Fatah, l'autre est Hamas, raconte Nayef Rajoub. Mais Djibril est le seul qui ne prie pas dans la famille. C'est la principale différence entre nous : il est laïc et moi croyant. Je n'ai jamais été pollué par l'idéologie du Fatah.»

Résistance armée

Pourtant, le Hamas, dans sa mutation de mouvement armé en parti politique, s'est rapproché du Fatah. Le mouvement continue de prôner la résistance armée, pour «libérer» la Cisjordanie et Jérusalem. Mais il a effacé son appel à la destruction d'Israël, toujours présent dans sa charte rédigée en 1988, de son programme électoral. «Nous ne sommes pas des Ben Laden, lâche Nayef, le Rajoub du Hamas. Nous n'avons pas d'autre ennemi qu'Israël à travers le monde. Nous combattons les Israéliens parce qu'ils occupent notre terre et non parce qu'ils sont juifs. Si le Mozambique était la puissance occupante, notre ennemi serait le Mozambique.»

Comme son frère, Nayef n'exclut pas non plus de négocier un jour avec Israël. Mais sans condition préalable. «Car tous les mouvements de résistance à travers le monde et l'histoire ont toujours négocié la paix les armes à la main», dit-il. Israël exige de son côté que l'Autorité palestinienne confisque les armes du Hamas : une mesure que son président, Mahmoud Abbas, s'est refusé de prendre jusqu'à présent, redoutant de déclencher une guerre civile.

En 1996, le Hamas avait boycotté les premières législatives palestiniennes sous prétexte qu'elles étaient le fruit des accords d'autonomie d'Oslo qu'il rejetait. L'Autorité palestinienne de Yasser Arafat avait alors procédé à une vague d'arrestations de ses militants et fermé plusieurs bureaux de ses associations caritatives, pour tenter de mâter le Hamas et empêcher sa montée en puissance. En vain. Djibril Rajoub avait alors jeté en prison son frère Nayef. «Aujourd'hui, cela ne pourrait pas se reproduire, assure tranquillement Nayef. Le Hamas est trop fort.»

Nayef Rajoub écarte le risque d'une éventuelle guerre civile palestinienne, mis en avant par certains observateurs. «Les Rajoub ne sont pas atypiques, sourit-il. Chaque famille palestinienne est divisée entre Hamas et Fatah. Entre frères, on ne peut pas aller au-delà du combat politique.» Dans le village de Doura, son fief du district d'Hébron, le clan Rajoub ne sera pas obligé de choisir entre ses deux fils. Le Hamas et le Fatah s'y disputent neuf sièges. Mais le système proportionnel complexe fait que l'on peut voter à la fois pour Djibril et Nayef. Et les sondages donnent d'ailleurs les deux frères gagnants. Nayef n'a donc pas hésité à coller le poster de campagne de Djibril à côté du sien sur la porte de son garage. Mais il ne doute pas de la victoire du Hamas.
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