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 Les Boule et Bill de l'"islamologie" française

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Fajrine
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MessageSujet: Les Boule et Bill de l'"islamologie" française   Mer 1 Fév - 18:19:40

Salam 1

Jeudi 02 Février 2006 proposé par Karim Kettani
Entre Gilles Kepel, l'homme qui pense que le meurtre de Théo Van Gogh a eu lieu parce que les Pays-Bas tolèrent le port du voile à l'école, et Fiammetta Venner, qui est au débat sur l'islam ce que le regretté sénateur Joseph MacCarthy fut au débat sur le communisme, le choix est cornélien.

Si Fiammetta Venner pourrait fort bien être attachée de presse à une quelconque ambassade de France, avec son dithyrambe pen faveur de l'universalisme républicain qui ne semble pas vraiment être au diapason de la France post-émeutes urbaines, Gilles Kepel, membre de la commission Stasi favorable à l'interdiction du voile, fait péter le déconnomètre. Il affirme en effet qu'une fatwa concerne "un territoire circonscrit sur lequel l'imam prescripteur exerce un pouvoir politique". C'est de la foutaise "big time", comme disent les adolescents étatsuniens.

Une fatwa n'est en effet rien d'autre qu'une consultation juridique donnée sur un point ou litige spécifique par un jurisconsulte religieux, sur demande d'un particulier. La fatwa ne lie que celui qui l'a demandée, et a une assise personnelle et non pas territoriale. C'est particulièrement le cas en islam chiite, auquel fait allusion Kepel dans la continuation directe de ces propos, puisque les chiites ont le choix de suivre l'ayatollah de leur choix. Le lien qui les y relie est personnel et non pas territorial, ce qui se vérifie avec l'ayatollah Ali Sistani, suivi par des chiites en Afrique, au Liban, au Pakistan et en Inde. C'est donc tout le raisonnement de Kepel sur l'annexion symbolique de l'Europe par l'ayatollah Khomeiny, par le biais de sa déplorable fatwa contre Salman Rushdie, qui prend de l'eau.

Bravo l'artiste! Si Gilles Kepel est expert en islam, je tiens à vous annoncer que je suis moi-même expert en physique quantique, en liturgie copte médiévale et en droit des successions malgache. Envoyez vos demandes de consultation à Gilles Kepel, qui transmettra...

Karim Kettani

Gilles Kepel et Fiammetta Venner, les Boule et Bill de l'"islamologie" française

L'Express du 26/01/2006
Gilles Kepel: «La jeune génération est un enjeu»
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/islamisme/dossier.asp?ida=436714
propos recueillis par Eric Conan et Christian Makarian

Gilles Kepel, spécialiste du mon-de musulman, explique comment, depuis 1989, l'Europe est devenue «terre d'islam»

Que représente l'Europe pour le monde musulman?

Pour comprendre ce qui a changé, il faut remonter à 1989. Pour nous, Occidentaux, c'est l'année de la chute du mur de Berlin. Mais cette date correspond à l'entrée du monde musulman dans la géopolitique mondiale postcommuniste. Le 15 février 1989 se produit un événement considérable, le retrait de l'Armée rouge d'Afghanistan - à cause du djihad - prélude à l'effondrement du système soviétique. La veille, le 14 février, l'ayatollah Khomeini édicte une fatwa contre Salman Rushdie: par-delà son aspect symbolique, elle a une immense portée.

Pourquoi?

Par principe, une fatwa concerne un territoire circonscrit sur lequel l'imam prescripteur exerce un pouvoir politique. Or Khomeini, en visant Rushdie, citoyen britannique qui vit en Grande-Bretagne, fait de l'Europe un territoire qu'il place sous le spectre de la fatwa. Ce faisant, il l'absorbe juridiquement dans la sphère de l'islam.

«Les Etats-Unis ont permis au message d'Al-Qaeda de sortir de la marginalité»

C'est une phase décisive…

En cette même année 1989, l'UOIF change de nom. D'Union des organisations islamiques en France, elle devient Union des organisations islamiques de France et manifeste ainsi la sédentarisation de l'islam sur le sol français. Selon l'UOIF, dans la mesure où il existe désormais de nombreux citoyens français de religion musulmane, ces derniers ne se trouvent plus en situation d'émigration. Ils ne sont plus dans ce qu'on appelle le dar al-sohl, c'est-à-dire l'espace de contrat entre le monde de l'islam et le monde de l'impiété; le pays dont ils sont citoyens devient ipso facto, pour eux, terre d'islam, dar al-islam.

Que signifie «terre d'islam»?

L'expression effraie, c'est la raison pour laquelle elle n'est plus guère employée par ceux qui s'en réclament: elle signifie que les musulmans qui vivent en France doivent pouvoir appliquer les règles de la charia (la loi inspirée par les textes sacrés de l'islam). Traduction immédiate: la première affaire du voile, à Creil, en septembre 1989. Avec l'appui de l'UOIF et le soutien des Tabligh, elle manifeste de manière symbolique que, désormais, la jeune génération est un enjeu pour l'affirmation identitaire islamique.

A partir de là, on théorise…

Absolument. De nouveaux modes de construction identitaire vont apparaître. Jusqu'au milieu des années 1980, pour beaucoup de personnes d'origine musulmane vivant en France, même si elles étaient pieuses et croyantes, l'islam, au fond, concernait les fins dernières. Quand les immigrés étaient ouvriers chez Renault, ils s'identifiaient à la CGT ou se retrouvaient dans le clivage droite-gauche. Toutes ces réalités-là vont disparaître avec le référent communiste et l'affirmation islamique va cristalliser un certain nombre d'identités sociales.

Autour de l'islam commence à se recomposer une partie du paysage politique. A travers l'itinéraire de Tariq Ramadan, par exemple, on voit aujourd'hui comment une partie de la mouvance islamiste a essayé d'inscrire l'identité musulmane au cœur d'anciens clivages gauche-droite, au nom du conflit entre «déshérités» et «arrogants», reprenant ainsi la rhétorique de la révolution iranienne. N'oublions pas qu'Ali Chariati, l'un des inspirateurs de cette révolution, avait mêlé le langage hérité du tiers-mondisme - il avait traduit en persan Les Damnés de la Terre, de Frantz Fanon - et le discours religieux. Oppresseurs-opprimés avait été traduit par «arrogants» - «déshérités», termes coraniques.

Cela avait permis à la révolution de récupérer la gauche iranienne et la plupart des opposants à la dictature du chah. En Europe, une partie du messianisme de gauche, désormais privé du prolétariat, qui n'est plus une catégorie sociopolitique, lui substitue les déshérités et va passer une alliance avec certains militants issus de l'islamisme. Des fronts vont s'organiser qui feront de la référence à l'islam un élément fort de cristallisation. Le maire travailliste de Londres, Ken Livingstone, vante le «progressisme» du cheikh Qardhawi, dans une logique multiculturaliste tous azimuts.

Comment y voir clair parmi les stratégies islamistes?

En France, l'UOIF se positionne dans une logique de défense communautaire. Elle aspire à représenter, à défendre les intérêts d'une «communauté musulmane» dont elle veut faire des croyants pratiquants. De l'autre côté, pour les supporters de Tariq Ramadan, il s'agit non pas de défendre une communauté close autour de la religion, mais de construire des alliances tiers-mondistes, politiques, où la référence à l'islam est un élément potentiellement déterminant. C'est la stratégie du Forum social européen - et mondial.

Mais cela ne va pas sans conflits: les militants de gauche les plus laïques ne sont pas d'accord. On l'a remarqué avec les changements récents à la tête du Monde diplomatique, très impliqué dans ces forums, dans Attac, etc.: les partisans de l'alliance avec les islamistes ont perdu leur position de pouvoir. Cette alliance «verts-rouges» est un enjeu important. On la voit se décliner autour du soutien à la «résistance irakienne»: au nom de l'anti-impérialisme, jusqu'où faut-il considérer que Zarkaoui et Ben Laden sont légitimes - même si on les trouve excessifs? En ouvrant la boîte de Pandore irakienne, les Etats-Unis ont permis au message d'Al-Qaeda de sortir de la marginalité et de participer à une nouvelle nébuleuse géopolitique qui court d'Ahmadinejad à Chavez et de Birmingham à Amsterdam.

L'Express du 26/01/2006
Fiammetta Venner: «Aucun consensus européen»
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/islamisme/dossier.asp?ida=436715
propos recueillis par Jacqueline Remy

La politologue Fiammetta Venner*, qui travaille sur les politiques publiques des pays européens face à l'islam, analyse leurs divergences

Les Européens semblent hésiter entre une politique d'intégration nourrie d'une philosophie universaliste et une politique multiculturaliste respectant les différences.

La France incarne un modèle ultraminoritaire. Son modèle universaliste repose sur une approche respectueuse des libertés individuelles plutôt que des particularismes culturels communautaires, notamment s'ils sont religieux. Ce qui nous amène à privilégier l'émancipation par l'école laïque plutôt que le respect du voile. D'autres pays, comme l'Angleterre, vivent l'interdiction du voile à l'école comme une atteinte intolérable à la liberté religieuse et au respect des cultures.

Mais le modèle anglo-saxon, officiellement tolérant envers toutes les composantes de sa société, est plus discriminant sur le long terme. Car, à force de respecter les exceptions culturelles au nom d'une approche communautaire, il se révèle souvent très oppressant pour les libertés individuelles des membres nés dans ces communautés. De nombreuses voix issues des «communautés musulmanes» ne supportent plus d'être considérées comme des «traîtres» à leur culture parce qu'elles se mobilisent contre l'excision, le mariage forcé ou le voile.

L'islam a un visage modéré, offert par ceux qui acceptent les lois du pays d'accueil, et un visage radical, qui met la loi musulmane au-dessus de tout. Y a-t-il un consensus européen quant à l'attitude à adopter vis-à-vis d'eux?

Absolument pas. La solution la plus rationnelle serait de favoriser les partisans de l'islam libéral. Mais les pays multiculturalistes considè- rent que toutes les formes d'expression religieuses, y compris intégristes, doivent pouvoir s'exprimer. Leur conception relativiste de la culture des autres les amène à ne pas faire de distinction entre un musulman libéral et un musulman intégriste.

L'Angleterre encourage même l'implantation des Frères musulmans, pourtant islamistes, dans les quartiers sensibles dans l'espoir qu'ils empiéteront sur les plates-bandes des salafistes djihadistes. En effet, les intégristes ne nuisent qu'aux libertés des membres de la communauté musulmane, alors que les terroristes nuisent aux droits de tous les citoyens! Moralité: plutôt que de lutter à la fois contre l'intégrisme et le terrorisme en restaurant l'égalité des chances pour tous, ce qui serait l'option d'un Etat universaliste, un pays multiculturaliste comme l'Angleterre a choisi d'institutionnaliser les représentants des intégristes dans l'espoir de couper l'herbe sous le pied des terroristes. Si vous ne comprenez pas ça, vous ne comprenez pas pourquoi Tariq Ramadan est considéré comme un intégriste en France et comme un serviteur de l'Etat - nommé par Tony Blair pour lutter contre le terrorisme - en Angleterre…

* Dernier ouvrage paru: OPA sur l'islam de France. Les ambitions de l'UOIF (Calmann-Lévy).
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