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 Les islamistes tunisiens ressortent au grand jour

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Fajrine
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MessageSujet: Les islamistes tunisiens ressortent au grand jour   Mer 22 Mar - 21:30:55

Salam 1

Les islamistes tunisiens ressortent au grand jour

Malgré la répression, le parti Ennahda, interdit, s'affiche désormais aux côtés de l'opposition démocratique.

Par Christophe AYAD et Christophe BOLTANSKI
Libération mardi 21 mars 2006
http://www.liberation.fr/page.php?Article=368664

Au soir du 25 février, plusieurs hauts responsables islamistes tunisiens se sont crus obligés de passer des coups de fil à leurs partenaires de la gauche démocratique pour les assurer que la libération de quelque 70 d'entre eux, dans le cadre d'une vaste amnistie surprise décrétée par le président Ben Ali, n'était le résultat d'aucun «pacte» secret. En deux ans, la plupart des cadres d'Ennahda, le principal parti islamiste tunisien, sont sortis des prisons où ils croupissaient depuis la grande répression du début des années 90. La plupart ont purgé la quasi-totalité de leur peine, à l'instar d'Ali al-Harith, 50 ans, ex-membre du bureau politique et du Majlis al-Choura d'Ennahda, et ex-porte-parole : il a passé quatorze ans sous les verrous dont plus de treize en isolement total. Depuis sa sortie, en novembre 2004, cet ingénieur doit pointer au commissariat de son quartier tous les matins. «La répression nous a traumatisés, explique-t-il. Nous, les islamistes, nous vivons dans la peur et au jour le jour. On peut retourner en prison à tout moment.»

Absence de libertés. Pourtant, jamais depuis quinze ans, les islamistes n'ont été aussi visibles en Tunisie. «C'est comme si Ennahda réexiste», concède Ali al-Harith. Le parti reste bien entendu interdit mais ses cadres sortent au grand jour. Ils s'affichent aux côtés de l'opposition démocratique et comptaient même un représentant parmi les huit grévistes de la faim du «18 octobre», Samir Dilou. Ce mouvement, destiné à protester contre l'absence totale de libertés politiques et d'expression, a rencontré un grand écho à la faveur de la tenue du Sommet mondial sur la société de l'information, mi-novembre à Tunis.

Ali al-Harith, mais aussi l'avocat Abdelfatah Mourrou, invisible depuis plus d'une décennie, sont passés régulièrement au petit local abritant les grévistes. «C'est notre seule occasion de nous croiser, s'exclame Me Mourrou. Je n'ai pas été détenu mais je n'ai pas de passeport depuis des années. On vit en prison à l'air libre. Comment voulez-vous qu'on ait des débats de fond ?» Le mouvement du 18 octobre a donné lieu à une plateforme politique, qualifiée de «Smic démocratique», à laquelle participent les «nahdaoui» représentés par Ziad Daoulatli, libéré en 2003 après quinze ans de prison.

Drôle d'attelage qui fait cohabiter des militants de gauche, comme Najib Chebbi, voire d'extrême gauche à l'instar de Hamma Hammami, et leurs anciennes bêtes noires. Une bonne partie de la gauche tunisienne avait en effet applaudi à l'éradication d'Ennahda au début des années 90. Quand elle n'y a pas participé comme l'a fait Mohamed Charfi, ex-ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur de Ben Ali et auteur d'une réforme visant à expurger les manuels de tout contenu à caractère islamiste. Depuis, la répression s'est étendue à l'ensemble de la société civile. Et le même Charfi n'hésite plus à siéger aux côtés d'islamistes lors de réunion de l'opposition. «Certains à gauche nous voyaient comme des talibans alors que nous nous considérons comme des islamistes démocrates, à l'instar des chrétiens démocrates en Europe. Chacun a fait un pas vers l'autre», insiste Mohamed ben Salem, vice-président d'Ennahda qui vit exilé en France depuis 1990.

Sans reconnaître de virage idéologique, les islamistes insistent sur leur acceptation pleine et entière du code de statut personnel, legs de Bourguiba, qui interdit la polygamie et accorde le droit de divorcer aux femmes. Ils l'ont encore réaffirmé «solennellement» dans un communiqué signé par le collectif du 18 octobre et publié à l'occasion de la journée internationale des femmes, le 8 mars. En revanche, ils restent hostiles à l'égalité des sexes en matière d'héritage. «Nous ne le demandons pas, mais nous n'avons jamais revendiqué un droit de veto en matière religieuse», déclare prudemment Mohamed ben Salem.

Différences de tonalité. Après avoir embastillé 20 000 à 30 000 islamistes, Ben Ali paraît lâcher du lest. L'an dernier, il a esquissé un dialogue avec Ennahda. Un des chefs du parti, Amer el-Arayadh, a été reçu par l'ambassadeur de Tunisie à Berne. La rencontre n'a pas eu de suite et, avec le recul, semblait surtout destinée à jeter le trouble dans les rangs islamistes où des différences de tonalité sont perceptibles entre les cadres de l'intérieur et les leaders en exil, à commencer par Rached Ghannouchi, l'émir d'Ennahda réfugié à Londres. «C'est sûr qu'il ne peut pas exactement concevoir la situation sur place, concède Ali al-Harith. Mais il essaie le plus possible.»



Ben Ali dans les habits de Bourguiba
Pour les 50 ans de l'indépendance de la Tunisie, le raïs monopolise l'image du «combattant suprême».

Par José GARÇON
Libération mardi 21 mars 2006
http://www.liberation.fr/page.php?Article=368662

C'est en grande pompe que le président Zine ben Ali a célébré hier le 50e anniversaire de l'indépendance de la Tunisie. Il devait notamment déposer une gerbe au mausolée de Habib Bourguiba, le «combattant suprême» qu'il démit le 7 novembre 1987 par coup d'Etat médical et contraignit à finir sa vie treize ans plus tard en reclus dans sa ville natale de Monastir. Après plus d'une décennie passée à tenter d'effacer jusqu'au nom du père de l'indépendance de la Tunisie, Ben Ali monopolise depuis sa mort son image comme pour mieux s'en attribuer les mérites. Fort d'une ambition modernisatrice exceptionnelle dans le monde arabo-musulman, Bourguiba fit beaucoup pour lever les tabous sociaux et religieux qu'il voyait comme autant d'entraves au développement de son pays. Et il dota les femmes d'un statut quasi-révolutionnaire car abolissant la polygamie et les rendant électrices et éligibles dès 1957.

Commémorations. Si rien n'aura manqué à la célébration, hier, de cet anniversaire (du «rassemblement populaire» au défilé «illustrant 50 ans de réalisations»), les cérémonies voulues par Ben Ali sont aux antipodes des commémorations organisées par le Maroc. Ce pays célébrait aussi le cinquantenaire de sa libération, la France ayant reconnu son indépendance dix-huit jours avant celle de la Tunisie. Multipliant festivités et colloques à l'étranger, les Marocains en profitaient pour publier deux rapports visant à accréditer la volonté de changement de Mohammed VI et à promouvoir «le nouveau Maroc» : celui de l'Instance équité et réconciliation sur le règlement des années de plomb et celui sur «cinquante ans de développement humain et perspectives pour 2025».

Ben Ali ne s'est guère aventuré à trop externaliser ces cérémonies de crainte qu'elles occasionnent des manifestations de protestation contre les atteintes aux libertés et la caporalisation ubuesque de la société. Du coup, le ministre des Affaires étrangères, Abdelwahab Abdallah, a préféré s'en prendre ­ une constante à Tunis ­ à «la minorité de détracteurs qui cherchent à déstabiliser la marche du pays, à ternir son image de marque et à nuire à ses intérêts en faisant antichambre dans les chancelleries des pays étrangers».

Gérant la Tunisie comme le chef de la sécurité intérieure qu'il fut, Ben Ali, une fois enterrées ses promesses de changement, n'aura fait que provoquer l'élargissement du cercle des opposants au-delà du petit noyau de militants des droits de l'homme. Quadrillant un pays paisible et peu enclin à l'extrémisme, il a privatisé l'Etat au profit des clans qui cherchent aujourd'hui à prendre l'avantage en vue de sa succession.

Dérive autoritaire. Il aura ainsi réussi une double prouesse : recréer un mythe Bourguiba en dépit de la fin de règne désastreuse et marquée par la dérive autoritaire d'un «combattant suprême» très diminué. Mais surtout, il aura créé un vide politique tel qu'en dépit de la répression, les islamistes apparaissent comme la seule opposition crédible.
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