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 MRAP ne veulent pas entendre parler d'islamophobie

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Fajrine
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MessageSujet: MRAP ne veulent pas entendre parler d'islamophobie   Sam 10 Juin - 15:52:55

Salam 1

Des membres du MRAP ne veulent pas entendre parler d'islamophobie, ni d'ailleurs de Mouloud Aounit

L'"islamophobie" secoue le MRAP
LE MONDE | 06.06.06 | 13h54 • Mis à jour le 06.06.06 | 13h54
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3226,50-780015,0.html

Né en 1949 sous le signe de la lutte contre l'antisémitisme, le MRAP traverse une période agitée. Symptôme de l'évolution profonde de la société française, c'est aujourd'hui le principe du combat contre "l'islamophobie", entériné en décembre 2004, qui cristallise les tensions internes.

Issu d'un réseau créé en 1941 pour sauver des enfants juifs de la déportation, le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix (MRAP) a subi une première transformation, en 1977, en devenant le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples. Autre innovation, en 1989 : le mouvement porte à sa tête un "beur" de Seine-Saint-Denis, premier dirigeant à ne pas être membre du PCF. Dix-huit ans plus tard, Mouloud Aounit est accusé de faire le lit du communautarisme religieux.

L'"islamophobie" ? "C'est un clivage très important", souligne Emmanuelle Le Chevallier. Pour l'ancienne présidente de la fédération de Paris, "ce concept va à l'encontre du principe d'universalité et confond défense de l'homme et défense d'une religion". "Les laïques sont traités de "laïcards", ou d'"intégristes laïcs"", regrette Nadia Kurys, membre de la direction nationale du MRAP. Président de la fédération des Landes, Gérard Kerforn voit dans cette notion d'"islamophobie" la marque d'"un tiers-mondisme primaire, qui conduit à tolérer dans les religions dites "des pauvres" ce que l'on n'aurait pas toléré pour d'autres religions".

Présidente du comité MRAP de Marseille, Horiya Mekrelouf est d'autant plus blessée par ce concept que les militants de sa fédération "ont reçu des victimes de l'intégrisme pendant les dix ans de guerre civile en Algérie". "Désormais, déplore-t-elle, on ne peut plus dénoncer le caractère réactionnaire de l'UOIF (l'Union des organisations islamiques de France)."

Dans un contexte - pour partie importé du conflit au Proche-Orient - de tensions interreligieuses croissantes, le combat contre l'"islamophobie" a relancé les soupçons d'antisémitisme qui étaient déjà portés à l'encontre de ce mouvement et de son président. Tous les faits et gestes de Mouloud Aounit - comme ses deux apparitions, dans des colloques, au côté de Tariq Ramadan - sont observés à la loupe, le moindre dérapage étant immédiatement diffusé et commenté (très) librement sur Internet.

L'intéressé se dit victime de ces "radicalités" qui surgissent "de partout" dans la société française. "Ce n'est pas moi qui ai changé. C'est l'environnement qui s'est modifié", assure-t-il. L'Islam ? "J'ai vu ma mère plusieurs fois faire la prière, mon père occasionnellement le ramadan. Mais on ne m'a jamais interdit de manger du cochon", raconte Mouloud Aounit, qui se définit lui-même comme un fervent "laïque", par ailleurs "amateur de bon bordeaux". Cet autoportrait dessine une première réponse à ses détracteurs, qu'il accuse implicitement d'avoir déformé ses positions en s'appuyant sur ses origines.

Des responsables et militants du MRAP ne l'entendent pas de cette oreille, énumérant les étapes d'une "dérive" qu'ils dénoncent avec vigueur: la demande de libération de Maurice Papon, le soutien aux élèves voilées, et le dépôt de plainte contre France-Soir - en raison de la publication des caricatures de Mahomet - ont été les épisodes les plus spectaculaires de cette crise ininterrompue, provoquant des réactions virulentes et des départs en cascade.

Certains s'inquiètent d'une propension du président du MRAP à relativiser l'antisémitisme lorsqu'il est le fait de populations d'origine arabo-musulmane. "Au prétexte de ne pas les stigmatiser, on ne peut plus parler du racisme antisémite en banlieues", déplore Maya Vigier, membre du conseil d'administration du MRAP et d'un comité parisien.

Mouloud Aounit s'insurge contre ces accusations, assure qu'il fait l'objet d'une "campagne calomnieuse". Mais il ne récuse pas la nécessité, à ses yeux, d'un rééquilibrage. Pour traduire cette idée, selon laquelle un crime commis contre une personne d'origine maghrébine ne suscite pas la même émotion que si la victime est juive, il pèse ses mots: "La République n'est pas équitable par rapport aux victimes du racisme (...) Je regarde des deux côtés, y compris celui où les autres ne regardent pas (...). Je n'ai pas choisi une communauté. Mais j'ai choisi, dans un contexte particulier, de défendre des gens qui ne sont pas défendus."

Si ce débat complexe et sensible traverse d'autres associations antiracistes et mouvements politiques, le MRAP y a plongé sans bouée de sauvetage. "Ce mouvement, qui était très lié au Parti communiste, n'a pas de tradition de débat intellectuel", souligne le sociologue Vincent Geisser. "Le MRAP est la caisse de résonance de la société. Or nous manquons d'élites qui pourraient nous amener à rendre compréhensibles des problématiques nouvelles, auxquelles nous n'étions pas préparés", convient Mouloud Aounit.

Elu conseiller régional d'Ile-de-France, en 2004, sur la liste conduite par la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, M. Aounit lorgne, dit-on, sur une possible investiture aux élections législatives en Seine-Saint-Denis. Ses détracteurs ont fait le lien entre ses prises de position et la préparation de cette éventuelle candidature dans le "9-3". "Le concept d'islamophobie lui permet de s'identifier à la communauté musulmane. Il veut se recycler, et pratique du marketing politique", estime un ancien dirigeant du MRAP, Alain Calles.

Mouloud Aounit indique qu'il "sera présent, d'une façon ou d'une autre", lors des prochaines échéances électorales. Les Français musulmans ? "Cette population qui, hier, ne votait pas, peut désormais faire et défaire des députés et des maires", dit-il. Tout en affirmant que l'enjeu de son combat a une autre envergure: "Je suis le dernier rempart avant les intégristes."

Jean-Baptiste de Montvalon
Article paru dans l'édition du 07.06.06




Entretien avec Michel Wieviorka, sociologue
"Dans notre pays, le rejet de l'islam est d'abord un rejet des immigrés"
LE MONDE | 06.06.06 | 13h54
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3226,50-780016,0.html

L'"islamophobie" mérite-t-elle d'être combattue comme une nouvelle forme de racisme ?

L'"islamophobie" est une notion récente, construite pour répondre à celle de "judéophobie", elle-même lancée par certains intellectuels qui souhaitaient désigner ainsi l'antisémitisme contemporain. Cette notion s'inscrit d'emblée dans un antagonisme avec la question juive. Elle ne me paraît pas très adaptée : dans notre pays, le rejet de l'islam est d'abord un rejet des immigrés, des Arabes, c'est-à-dire le rejet de l'autre, davantage que la hantise d'une religion.

Se centrer sur la question religieuse est une erreur, même si l'islamisme radical est un immense défi. Il est vrai que la France a un passé compliqué avec le monde de l'islam. Mais si, de Charles Martel à la colonisation, en passant par les croisades, l'islam a été vécu comme le coeur d'une menace, il n'en était le plus souvent qu'un élément, éventuellement marginal.

Lutter contre l'"islamophobie" ne conduit-il pas nécessairement à relativiser l'antisémitisme ?

Cette notion a été introduite pour rétablir un équilibre et rappeler que les victimes du racisme ne sont pas toutes juives. Le racisme antiarabe ou antimaghrébin est un fléau majeur, insuffisamment pris en compte dans notre société. J'ajoute que si les juifs de France se sentent à juste titre menacés, ils ne sont pas victimes de discriminations, au contraire des personnes originaires du monde arabo-musulman. Le problème n'est pas que l'on donne trop d'importance à l'antisémitisme dans le débat public, mais que l'on n'en accorde pas assez aux autres formes de racisme. J'ai le sentiment que le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) ne manifeste pas toujours une sensibilité suffisante à la gravité de l'antisémitisme.

Comment un mouvement antiraciste laïque, porté par des valeurs universelles, dans une société marquée par des tensions communautaires, peut-il fonctionner ?

Nous vivons dans une société désireuse de promouvoir des valeurs universelles et qui, en même temps, se structure sur un mode multiculturel. Je trouverais catastrophique que se développent des mouvements antiracistes si spécialisés dans la défense des juifs, des Arabes ou des musulmans qu'ils en oublieraient le combat général contre toutes les formes de racisme. Mais il serait tout aussi catastrophique qu'ils soient si universels qu'ils en deviendraient incapables de prendre en compte les identités particulières et les formes spécifiques de racisme qui leur sont attachées. Il convient de défendre ces valeurs universelles tout en tenant compte de cette fragmentation. Il faut que chaque identité particulière non seulement se défende elle-même, mais prenne aussi en charge l'ensemble du combat antiraciste.

Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon
Article paru dans l'édition du 07.06.06
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